Comment les biobanques stimulent le développement de la recherche en santé

Le rôle des biobanques

Nous entrons dans l’âge d’or des biobanques. Les deux dernières décennies ont été marquées par une augmentation massive des maladies chroniques telles que les maladies cardiaques et le cancer. Mais les nouvelles technologies permettent maintenant aux scientifiques de cataloguer les changements dans les gènes, les protéines et le métabolisme cellulaire pour différentes maladies. L’augmentation de la charge de morbidité et les progrès technologiques ont, à leur tour, entraîné une dépendance accrue à l’égard des dépôts biologiques : une biobanque s’attache ainsi à collecter et gérer les biospécimens destinés à la recherche.
Le domaine prometteur des biobanques vient donc soutenir les stratégies de recherche en matière de soins de santé. Le concept ayant évolué au fil du temps, les biobanques sont passées de simples dépôts d’échantillons biologiques à des unités complexes appartenant à de grands réseaux, tels que l’infrastructure paneuropéenne de recherche sur les biobanques et les ressources biomoléculaires (BBMRI).
Les progrès de l’épidémiologie et de la science omique – comme la génomique ou la métabolomique – ont également suscité un intérêt accru pour le développement d’infrastructures et le partage de données.
Ainsi, ce sont des millions d’échantillons qui sont désormais déposés dans les biobanques chaque année.

L’avenir des biobanques : le champ des possibles

Les biobanques ont parcouru un long chemin depuis ces dernières décennies. Depuis un matériau biologique ou numérique, les biobanques modernes permettent une analyse à grande échelle pour l’identification de biomarqueurs de maladies spécifiques, avec des données cliniques et biologiques bien annotées. Ces caractéristiques sont essentielles pour améliorer les approches médicales personnalisées, et optimiser le diagnostic et le pronostic des maladies.
Les méthodes de traitement, de stockage et d’analyse des biospécimens sont ainsi devenues de plus en plus sophistiquées.
Par ailleurs, l’intelligence artificielle, le deep learning, les modèles computationnels et les recherches sémantiques pourraient tous révolutionner les biobanques telles que nous les connaissons.
Parmi les domaines qui seront particulièrement impactés par ces évolutions, citons :
• Les échantillons biologiques et types de données (microbiome, fluides corporels, données d’imagerie)
• Les technologies d’échantillonnage (ADN libre circulant)
• La stabilisation des échantillons (stabilisation des biomolécules à température ambiante)
• Le stockage des échantillons
• L’analyse des échantillons (Métabolomique, protéomique, RMN)
• Les solutions de gestion des données
À n’en pas douter, l’intelligence artificielle jouera un rôle important dans les années à venir. L’IA définira et mesurera la qualité des échantillons biologiques.
Elle pourrait par exemple évaluer l’intégrité de l’ADN à partir d’images d’électrophorèse sur gel d’ADN et pourrait déterminer le pourcentage de tumeur et de nécrose à partir d’images histopathologiques numériques d’échantillons de tissus.
Les applications d’IA analyseront également le contenu de la proposition de recherche et recommanderont ensuite des bioprélèvements adaptés à des utilisations spécifiques. Pour ce faire, l’IA pourrait extraire de la proposition de recherche des informations importantes telles que :
• le type de bioéchantillon,
• le type d’analyte,
• la méthode d’analyse,
• la maladie cible
• les objectifs de la recherche
L’IA pourrait ensuite analyser les références aux variations préanalytiques et analytiques liées à ces éléments.
L’avenir des biobanques s’annonce donc passionnant, car nous tirerons parti de la puissance des nouvelles technologies pour améliorer la gestion de nos biospécimens et par conséquent de notre santé. Dans le même temps, l’industrie dans son ensemble s’efforce de développer de meilleures pratiques standardisées.

Calendrier des articles

septembre 2021
L M M J V S D
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930