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Madame R., 82 ans, est admise en service de gériatrie pour baisse
d'autonomie et soins d'escarres.
Veuve depuis quinze ans, elle vivait avec sa soeur, un de ses deux fils
habitant à proximité. Dans ces conditions, la détérioration de ses fonctions
intellectuelles restait compatible avec le maintien à domicile.
Une phlébite de la jambe droite entraîne son admission à l'hôpital de
proximité ; lors de cette hospitalisation, Madame R. développe une confusion
mentale, le traitement par neuroleptiques amenant finalement à une
régression de la malade avec apparition d'escarres (sacrée stade IV et
talonnières stade III).
A l'entrée dans notre service, la patiente n'est pas sédatée et n'a plus de
troubles de la vigilance. Elle n'a par ailleurs aucun traitement antalgique.
Sur fond de détérioration mentale, elle apparaît comme dépressive :
questionnement sur sa présence au service, son devenir, le sens de sa vie
{/cotation}, anorexie {cotation}, insomnie avec agitation
{cotation}
Elle présente une anosognosie concernant ses escarres et sa régression motrice.
Confinée au lit, elle refuse non seulement la kinésithérapie, mais s'oppose également à la mise au fauteuil
{cotation}.
Sa mimique est pauvre et inexpressive {cotation}
et la malade s'isole dans sa chambre {cotation}.
Un traitement antidépresseur est alors prescrit, sans effet bénéfique au
bout de quinze jours.
et se dénutrie (l'albumine plasmatique et la pré-albumine
baissent, les escarres ne s'améliorent pas).
On décide d'évaluer la douleur.
Un traitement par antalgique de palier II (paracétamol + codéine) toutes les
4 heures amène rapidement à un changement de comportement radical : la
patiente accepte de manger, son taux d'albumine remonte, les escarres
talonnières sont guéries quatre mois après l'admission et l'escarre sacrée
en voie de ré-épithélialisation. La patiente a récupéré une mobilité
suffisante dans le couloir.
En accord avec sa famille, elle est transférée en maison de retraite.
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