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| Cas clinique 1 |
DOULEUR ET PERSONNE AGÉE
Madame Y., âgée de 89 ans, aux antécédents polyvasculaires dans un contexte de diabète non insulino-dépendant découvert il y a deux ans, a fait récemment un infarctus responsable d'un accident vasculaire cérébral partiellement régressif avec dysarthrie séquellaire et syndrome confusionnel. Les suites immédiates ont été lentement favorables, mais Madame Y. a perdu son autonomie : elle ne se déplace plus. Elle présente toujours une hémiparésie droite séquellaire et une désorientation temporo-spatiale modérée. Elle vient d'être transférée en unité de Moyen Séjour afin de poursuivre ses séances de kinésithérapie et d'orthophonie avant un éventuel placement. Elle gémit souvent quand quelqu'un rentre dans sa chambre sans pouvoir bien s'exprimer, et son faciès est alors crispé. QUE FAIRE ? Les soignants envisagent un problème de douleurs non résolues. Madame Y. va donc être "mise en observation" (étude de son comportement). Elle est levée au fauteuil dès le matin. Elle y reste jusqu'au repas de midi sans crispation si elle ne se sent pas observée. Au moment de la toilette, elle participe selon ses possibilités habituelles. De même pour l'habillage qui est encore maladroit. Elle mange ses trois repas (plus volontiers si elle est en compagnie) ainsi qu'un goûter léger. Elle dort bien avec son sédatif habituel. Ses gémissements persistent dans les mêmes conditions que précitées, plus intenses peut-être quand il s'agit d'un membre de sa famille, avec un faciès alors anxieux ; mais tout se normalise quand elle est sollicitée pour une activité. L'échelle DOLOPLUS retrouve le score suivant : - retentissement somatique : 2 - retentissement psychomoteur : 0 - retentissement psychosocial : 2 TOTAL = 4/30 COMMENTAIRE On peut donc écarter un comportement douloureux. Un traitement antidépresseur d'épreuve est alors instauré, qui améliorera le comportement au bout de quinze jours (disparition des gémissements). Un sujet âgé " qui crie sa douleur " n'a pas forcément mal. En cas de doute, toujours pratiquer une hétéro-évaluation de la douleur. Mais cette démarche qui permet d'éliminer une douleur n'élimine pas pour autant une autre démarche étiologique (trouble du comportement = appel à l'aide) |